Thierry F., 45 ans, n’aime pas travailler…
Exercice 1 :
Dans l’extrait qui suit, transformez le discours direct de Thierry en discours indirect à la 3e personne du singulier en gardant, par ailleurs, les mots et la syntaxe (l’ordre des mots) du texte d’origine. Vous utiliserez, pour chaque phrase du discours direct, des verbes introducteurs au présent. De plus, vous veillerez à varier les verbes introducteurs (affirmer, estimer, dire, ajouter, avouer, etc.) et à garder la ponctuation du texte d’origine.
« Dans ma catégorie, je suis un joueur de haut niveau. En 23 ans, je n’ai travaillé que 31 mois en tout, par petites tranches. » Accessoirement, cet homme a aussi soutiré 120 960 euro à l’Etat français. Thierry F., 45 ans, n’aime pas travailler. Considérant que le système le lui permet, il ne fait rien ou presque, depuis qu’il a 18 ans. « Je vis aux crochets de mon pays. Indemnités, allocations, et aides diverses me procurent une vie paisible et heureuse que je savoure chaque jour avec délice. Je profite à fond des lois sociales, le plus légalement qui soit. En France, à condition de bien connaître ses droits, on peut vivre des deniers publics tout en restant scrupuleusement honnête. Je revendique cette performance. Je l’avoue, je me suis bien amusé, année après année, mesure gouvernementale après mesure gouvernementale, à pousser mon avantage encore un peu plus loin », écrit-il dans l’ouvrage qu’il vient de signer.
Exemple pour la 1re phrase : Thierry dit que, dans sa catégorie, il est un joueur de haut niveau.
Continuez :
Il . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Reprenez les phrases que vous venez d’écrire et de corriger. Mettez le verbe introducteur au passé composé et changez le verbe de la proposition subordonnée en faisant attention à la concordance des temps des 2 verbes (le verbe introducteur et le verbe de la proposition).
Exemple pour la 1re phrase : Thierry a dit que, dans sa catégorie, il était un joueur de haut niveau.
Continuez :
Il . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Exercice 2 :
Thierry n’est pas un imbécile. Electricien en bâtiment, mécanicien d’armement et dépanneur électroménager, il aurait parfaitement pu trouver un emploi s’il l’avait souhaité (1). Mais il préfère musarder (2). S’offrir des grasses matinées, jouer aux cartes, s’entraîner dans le club de gym tenu par sa sœur, passer ses vacances dans le sud de la France chez une autre sœur, jouer gratuitement au tennis avec ses neveux. Il aime aussi potasser (3) les textes de lois et les règlements consacrés aux demandeurs d’emploi, pour en tirer le meilleur. « En France, en tant que chômeur, on a droit à des allocations de logement, des primes exceptionnelles, des exonérations (4) d’impôts, une réduction de la taxe d’abonnement au téléphone. Pour profiter (5) pleinement de ces avantages, il faut les connaître parfaitement et ne compter que sur soi. J’ai constaté que les employés de l’ANPE (Agence nationale pour l’emploi) en savaient moins long que moi. Chômeur professionnel, c’est un métier. »
(1) On a ici à une hypothèse dite « irréelle » : Thierry n’a pas trouvé d’emploi permanent. Transformez cette hypothèse en une hypothèse « réelle » en remplaçant le conditionnel passé par du conditionnel présent. Attention, le verbe de la proposition subordonnée devra également être changé : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
(2) Le mot souligné appartient à la langue familière, celle que l’on parle avec ses amis. Trouvez-lui un synonyme dans une langue plus soutenue, celle que l’on parle, par exemple, avec des collègues ou des inconnus : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
(3) Le mot souligné appartient à la langue familière. Trouvez-lui un synonyme dans une langue plus soutenue : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
(4) Trouvez un synonyme pour le mot souligné : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
(5) Trouvez un synonyme pour le mot souligné : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Exercice 3 :
Thierry vit modestement. Chaque mois, il bénéficie d’une allocation spécifique de solidarité de 448 euro, à laquelle s’ajoute une allocation mensuelle de logement de 152 euro. A l’occasion de la Noël, une prime exceptionnelle de 150 euro lui est attribuée. Quand il a payé l’assurance du petit appartement qu’il a acheté à très bon prix à des amis et celle de son Alfa Romeo 33, achetée d’occasion il y a neuf ans, quand il a déduit son budget nourriture, le remboursement de son crédit hypothécaire, sa facture d’électricité, le coût de l’essence et de ses communications téléphoniques, il lui reste 170 euro d’argent de poche. Mais il ne manque de rien. Son compte en banque présente toujours un solde positif. Et même son compte d’épargne est régulièrement alimenté. Il veille à ne pas tomber malade mais bénéficie désormais, de toute manière, de la couverture maladie universelle qui lui permet d’être soigné gratuitement.
Ses voisins prennent ce célibataire sans enfants pour un jeune cadre sympathique. Son look sportif, ses éternels jeans, baskets et tee-shirts et sa bonne humeur naturelle inspirent confiance. Il rend volontiers service à ses amis, qui l’invitent en retour, à partager leur table. En matière juridique et en conseil de placement immobilier, il est incollable.
Le journaliste a écrit son article au présent, ce qui donne à sa narration un rythme vif. Réécrivez l’extrait ci-dessus en remplaçant le présent des verbes par de l’imparfait. Faites attention aux changements qui affecteront les autres verbes (ceux au passé composé, par exemple).
Thierry vivait modestement. Chaque mois, il …………….. d’une allocation spécifique de solidarité de 448 euro, à laquelle ………….. une allocation mensuelle de logement de 152 euro. A l’occasion de la Noël, une prime exceptionnelle de 150 euro lui …….. ………….. Quand il ……………. l’assurance du petit appartement qu’il ……….. à très bon prix à des amis et celle de son Alfa Romeo 33, achetée d’occasion il y a neuf ans, quand il ………….. son budget nourriture, le remboursement de son crédit hypothécaire, sa facture d’électricité, le coût de l’essence et de ses communications téléphoniques, il lui …………. 170 euro d’argent de poche. Mais il ne ………… de rien. Son compte en banque ……………… toujours un solde positif. Et même son compte d’épargne ……… régulièrement ………….. Il …………. à ne pas tomber malade mais …………… [désormais], de toute manière, de la couverture maladie universelle qui lui …………… d’être soigné gratuitement.
Son look sportif, ses éternels jeans, baskets et tee-shirts et sa bonne humeur naturelle ……………… confiance. Il ………….. volontiers service à ses amis, qui l’………… en retour, à partager leur table. En matière juridique et en conseil de placement immobilier, il ……. incollable.
Exercice 4 :
Remplissez les trous désignés par des chiffres romains en puisant dans la liste ci-dessous les connecteurs logiques adéquats :
d’une part – d’autre part – cependant – mais – de plus – enfin – ainsi – donc – en outre – en revanche – d’un côté – d’un autre côté.
Accordez les participes passés dans les trous désignés par des chiffres arabes.
Ce qui explique que Thierry ait toujours échappé aux sanctions. Jamais il ne fait de déclarations mensongères ni ne commet de faux en écriture. …………. (I), il répond sans faute aux convocations de l’ANPE, suit les rares formations qui lui sont propos…. (1), envoie des CV. ……… (II) il les truffe de fautes intentionnelles et y ajoute des précisions à la main, ce qui fait mauvais genre. …………… (III), il n’y mentionne pas sa nationalité (française) ni son numéro de téléphone et ne joint jamais de photo, parce qu’il a une bonne tête. ………… (IV), il se présente aux rendez-vous d’embauche affubl… (2) d’une veste de laine, quelle que soit la saison, et de lunettes totalement démod….. (3). « Il faut aller à ces rendez-vous en ayant l’air motiv…. (4), mais sans l’être du tout, dit-il. Il faut toujours être à côté de la plaque. Le brave type qui n’a rien compr…… (5) au marché du travail. »
Thierry n’éprouve ni honte ni remords. Il ne veut pas de la vie éreintante qu’ont conn…. (6) ses parents et ses grands-parents. En 1993, il a pourtant travaill…. (7) comme un fou après avoir lanc…. (8) une petite affaire de dépôt-vente. « Pendant cette année, écrit-il, j’avais eu le sentiment de devenir adulte. » En vain : la boutique a ferm…. (9) ses portes.
Convoqu….. (10) à la fin de 2005 par une conseillère de l’ANPE, Thierry sent le vent tourner.
Exercice 5 :
Dans ce dernier paragraphe, les discours directs de la conseillère et de Thierry ont été retranscrits partiellement en discours indirects. Remplissez les trous en gardant les mots et la syntaxe du texte original.
« Vous vous fichez du monde, lui lance-t-elle. On ne reste pas tant d’années sans travailler. Ça ne peut pas continuer. Je vais m’occuper de vous, personnellement. Vous serez reconvoqué en février 2006 au plus tard. » Au moment de publier son ouvrage, en ce début d’automne, Thierry n’avait toujours pas été rappelé. « Au pire, dit-il, je serai chassé de l’ANPE et contraint d’accepter le RMI (revenu minimum d’insertion). Je n’y perdrais pas grand-chose. Mais je préfère être chômeur. C’est ma fierté. »
Elle lui a lancé qu’il ………………………………. et qu’on …………………………… tant d’années sans travailler. Elle a ajouté que ………………………………………….. continuer. Elle a conclu qu’elle ………………………………………………………………………………………, personnellement, et qu’il ………………………………………….. en février 2006 au plus tard.
Après cette tentative de réinsertion avortée, Thierry a jugé qu’au pire, il …………………………………….. d’accepter le RMI. Il a estimé qu’il ………………………. grand-chose, mais …………………………………….. chômeur. Il a ajouté que ……………………………………. fierté.
Laurence VAN RUMBEYCKE, Tu veux ou tu veux pas ?, in
Le Vif/L’Express, Bruxelles, 3 nov. 2006, p. 30.