Prolongements

26 février 2008

Article 1 : “Français, mon beau souci”

Classé dans : Style : réécriture, reformulation — Copyright France Neven & Annette Valle @ 1:17

Voici une réflexion de Xavier DARCOS, actuel ministre de l’Education nationale, en France, sur l’enseignement de la langue française. Lisez attentivement l’article, puis répondez aux questions :   

« Français, mon beau souci »   

Bon gré mal gré, j’ai été élevé dans le culte de l’orthographe et du verbe exact. Mon père, un de ces boursiers ruraux qui devaient tout à l’école primaire publique, persécutait la plus vénielle des fautes et le moindre des accents. Quand nous étions en vacances, mon frère et moi, nous faisions même relire par quelque regard expert la carte postale qu’on lui envoyait. Nous appartenons à la génération « dictée ».Je ne me suis jamais départi, une fois passé de l’autre côté du bureau magistral, de ces scrupules. Mais il a bien fallu s’adapter et en rabattre sur un formalisme pointilleux (celui du genre épistolaire, par exemple) ou sur la religion de l’écrit. Mes étudiants finissaient par me faire accroire que telle faute ou telle incongruité syntaxique étaient de peu d’importance, que le sens suffit, que la vérité ou la beauté s’élaborent aussi dans les hésitations – même si l’on ne pense pas sans mots et si l’on pense mal quand ils cafouillent. Le fait est là, désormais : l’oralité a gagné et elle dispense, au quotidien, de cette discipline de l’esprit qu’est l’écriture impeccable. Même rédiger un chèque devient chose rare. Les jeunes d’aujourd’hui ont d’autres compétences, une vue plus globale du savoir, une connexion rapide avec toutes les informations possibles, un désir d’être citoyens du monde. Leur regard est prospectif et circulaire. Nos vétilleuses injonctions grammaticales leur paraissent d’une étroitesse un peu dérisoire. Faut-il s’accoutumer à l’idée que nos élèves maîtrisent moins bien la lecture et le calcul que leurs aînés de 1920 ? Et ne remontons pas si loin : à l’entrée en 6ème, en 2001, ils étaient deux fois plus nombreux qu’en 1992 à manquer de ces mêmes bases. Sans nous résigner à ce recul, nous savons que tel fut le prix à payer de la massification de l’enseignement, authentique progrès que l’on doit à l’engagement de la nation et de ses professeurs. Le cœur du problème est celui-ci : cette régression serait plus acceptable si elle ne s’accompagnait pas d’un accroissement des inégalités. En délestant toue une génération des ambitions d’autrefois dans le domaine de l’écrit, ce sont les enfants des milieux défavorisés qui ont le plus souffert. Ils aboutissent en moins grand nombre aux filières dites d’excellence. Les autres ont trouvé dans leur famille les appuis nécessaires pour compenser les manques. Ainsi, derrière un égalitarisme de façade, se prolongent de graves injustices. Voilà pourquoi il ne faut pas renoncer à donner à tous nos jeunes la « boîte à outils » de la réussite : la langue, le plus fondamental de tous les instruments de la vie collective et privée. Céder sur cette exigence d’éducateur, c’est faire l’autruche aux frais de ceux qui attendent tout de l’école. Or ils sont notre plus cher souci.                                                            (Extrait du Figaro Magazine, 7/12/2002)   

Exercice 1

  Expliquez le sens de ces 10 expressions (utilisez votre dictionnaire !) : 

  1. bon gré mal gré . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
  2. ces boursiers ruraux. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
  3. une faute vénielle. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . .  . . . . . . . 
  4. le bureau magistral. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . .
  5. un formalisme pointilleux. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
  6. une incongruité syntaxique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
  7. un regard prospectif. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
  8. une étroitesse dérisoire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
  9. de vétilleuses injonctions. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . .
  10. faire l’autruche. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Exercice 2

 Pouvez-vous, en les paraphrasant, montrer que vous comprenez le sens des expressions-clés suivantes ? 

  1. la massification de l’enseignement : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
  2. les filières dites d’excellence : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ..
  3. un égalitarisme de façade : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Exercice 3

 Reformulez ce passage : « Le fait est là, désormais : l’oralité a gagné et elle dispense, au quotidien, de cette discipline de l’esprit qu’est l’écriture impeccable ». . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Pensez-vous qu’ une écriture impeccable soit une discipline de l’esprit ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Exercice 4

Darcos dit que les jeunes actuels ont « une connexion rapide avec toutes les informations possibles » : que veut-il dire ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . . .  . . . . . . . . .

Exercice 5

 « On ne pense pas sans mots et l’on pense mal lorsqu’ils cafouillent » Un célèbre auteur classique (théoricien de la langue au 17ème s.) a exprimé , dans son Art poétique une idée similaire : de qui s’agit-il et qu’a-t-il dit exactement ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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