Prolongements

26 février 2008

Article 1 : Le théâtre guérisseur

Classé dans : Orthographe, Participes passés — Copyright France Neven & Annette Valle @ 2:21

Exercice 1 :

Dans le chapeau et le paragraphe qui suit, relevez tous les participes passés (ceux qui servent à former des verbes et ceux qui accompagnent un nom). Regardez comment ils sont accordés et justifiez leur orthographe.

Ils se sentent mal dans leur peau. Alors, ils en changent, au moins pour un temps : ils font du théâtre ! Et jouent dans de drôles de scènes improvisées sous le regard et la direction de thérapeutes.

« Chérie, où es-tu ? ». L’homme fait quelques pas, tape du pied puis s’exclame méchamment : « Quelle pétasse, nom de Dieu ! » Un « oh ! », hésitant entre surprise et réprobation, monte de la petite vingtaine de personnes qui assistent à la scène. Dans une salle surchauffée de l’hôpital de jour du centre universitaire Brugmann, à Bruxelles, des patients, hospitalisés en psychiatrie ou envoyés par leur thérapeute, viennent de débuter une séance de théâtrothérapie ouverte à tous. Serge Minet, thérapeute, enseignant d’art-thérapie (et comédien) mène le jeu, en compagnie du psychologue Eitan Zaït , enseignant à l’ULB en psychologie clinique.

Exercice 2 :

Choisissez la bonne graphie et ajoutez [er], marque de l’infinitif, ou [é(e)(s)], marque du participe passé.

Avant d’ouvrir le rideau, Minet rappelle / rappele ? les règles de ce théâtre. On peut se content…. d’être un spectateur. Mais regard…. les autres jou….. remuera / remura ? sans doute des choses en soi / en soit ?. Si on se décide à improvis…., on entrera dans un personnage qui ne sera jamais soi : le théâtre, c’est mentir pour dire vrai. Sur scène, l’acteur ne porte donc pas son nom et il joue des situations imaginaires. Même si elles peuvent transpos….. la réalité.
Bienvenue sur les planches de l’imaginaire ! Bienvenue, surtout, dans cette séance thérapeutique ouverte à tous et pas comme les autres, largement cré…. et vulgaris…., en Belgique, par Serge Minet !
Des limites sont trac…. sur le sol : il y a une petite scène et ses coulisses, derrière un rideau. Pour « jou… », on emprunte les chemins qui y mènent. Obligatoirement. Et on ne dépasse pas la ligne blanche qui, par terre, sépare la réalité de la fiction.
Expérience, sixième sens (ou les deux ?), Serge Minet bondit et rejoint sur scène l’acteur chez qui la tension montait. Il désamorce (1) son jeu, permet ainsi à une femme d’os…. pass…. par les coulisses et de venir, calmement, résist…. aux demandes de son « mari de comédie ».
(1) Que signifie ce terme ? Trouvez un synonyme.

Lors des échanges qui clôturent chaque improvisation, Minet et Zaïk ne se contentent pas d’interrog…. les acteurs sur ce qu’ils ont ressent…, sur ce qu’ils se sont perm…. de faire ou ce qu’ils se sont empêch…. d’exprim…. Ils demandent aussi au reste du groupe ce qui les a touch…. ou ce qui les a fai…. réagir dans le jeu des acteurs. Une femme s’amuse d’avoir jou…. le rôle d’une épouse autoritaire. Une autre de s’être prostern…, soum.…. devant le roi. Une « spectatrice » glisse que, « dans la vie réelle, elle ne sait pas dire non ». Elle fait à contrecœur ce qu’on lui demande.
Les impros s’enchaînent. Drôles, émouvantes, surprenantes, changeantes. « Tu entres sur scène en position de faiblesse : tous le savent et en profitent », glisse Eitan Zaïk à un des acteurs qui a os… se lanc… pour la première fois. Une actrice qui a séduit et a fait rire en se glissant / se glissent dans le rôle d’une cliente insupportable / inssuportable raconte qu’elle a toujours rêv…. De faire ça, elle qui, si elle se rend dans les magasins, prend un habit à sa taille et sort, sans même l’avoir essay…. « Pourquoi n’oses-tu pas essay… dans les boutiques ? », interroge (naïvemment / naïvement) Serge Minet. « J’ai l’impression d’y étouff… Mais là, je m’amusais ». Et le débat se poursuit, sans laisser entrevoir une seule seconde que cette femme, qui vient de faire tourn… en bourrique ses complices d’une boutique d’opérette, souffre de phobies et ne sort de chez elles que pour des actes indispensables.
Une nouvelle venue, qui se dit pourtant timide, explique avoir eu l’impression de connaître tout le monde et s’être donc autoris… à particip….au dernier jeu. « Le théâtre, pour certains, c’est os… Pour les autres, c’est dos… », lance le maître de théâtre.
Ces séances ont une fonction thérapeutique mais elles ne suffisent pas : elles font partie d’un arsenal, remarque Eitan Zaït. Ceux qui y participent découvrent un questionnement sur eux-même / sur eux-mêmes ? et ils accèdent / acèdent ? ainsi à la possibilité d’un travail en profondeur qui se poursuit avec leur thérapeute. Quand à/Quant à ? ce dernier, il peut apprendre beaucoup à leur propos en les voyant / en les voyent ? jou…. des métaphores (2) de ce qu’ils sont. »
(2) Que signifie ce terme « métaphore » ? Par quel autre mot pourrait-il être remplacé ?

Les passages oblig… (3), le cadre rigoureux, le respect des symboles théâtraux (Serge Minet agite une petite cloche au moindre dérapage) sont autant de rappels d’un nécessaire contrôle des pulsions et d’une indispensable barrière entre imagination et délire.
(3) A quoi le journaliste fait-il allusion ?

Mais pass… sur scène, c’est aussi y exist… et faire l’apprentissage de la communication, avec la création d’une relation aux autres, sous le regard des autres. « Le théâtre, qui est ici une voie d’accès vers l’inconscient, est une thérapie à l’insu de (4) ceux qui jouent : cette dernière vient de surcroît, sans qu’on s’y attende », souffle Serge Minet. Des hommes et des femmes qui ne s’investissaient plus dans aucune activité s’y plongent et s’y sentent bien, tout en retravaillent / en retravaillant ? leurs émotions et, souvent, en riant / en rient ?… Activité plutôt rare sur un divan (5) !
(4) Pouvez-vous expliquer cette locution, « à l’insu de » ?
(5) Comment comprenez-vous cette phrase ?

Extrait de : Pascale Gruber, Le théâtre guérisseur, in Le Vif/l’Express,
Bruxelles, 29 septembre 2006, pp. 42-43.

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